Face à la démultiplication de ces outils, notamment avec l’ia, comment choisir le test psychotechnique qui convienne ?
Tout psychologue vous dira, le 1er point qui définit un test sérieux, professionnel, ce sont les 3 critères psychométriques qui sont la validité, la fidélité et la normalisation.
La validité mesure si le test évalue réellement ce qu’il prétend mesurer.
La fidélité évalue la consistance, stabilité des résultats du test dans le temps ou entre différentes versions.
La normalisation permet de situer un individu par rapport à une population de référence.
Pour valider ces 3 critères, le test doit avoir été soumis à des études scientifiques, statistiques publiées que l’éditeur doit être en mesure de fournir.
Le deuxième aspect important est l’utilisation et la qualité d’interprétation de ce test.
Les consultants utilisant le test doivent être formés pour comprendre, bien interpréter, expliquer les résultats et bien passer les consignes, connaître aussi les limites du test, de ce qu’il mesure. Au delà de la formation initiale, une pratique régulière et des échanges avec d’autres professionnels sont nécessaires. Ils impactent la qualité de la passation et surtout celle du débriefing. C’est pourquoi, il est important de bien choisir et s’approprier ses outils.
Il faut trouver le juste milieu entre avoir des tests adaptés, spécifiques à l’utilisation et typologie de candidat (exemple : orientation et bilan de compétences) tout en ne se dispersant pas sur trop d’outils qu’on ne maîtrise plus par manque de pratique. L’analyse du test doit être suffisamment fine et juste pour pouvoir être utile, que ce soit dans les recrutements comme dans les coachings et l’orientation.
Attention : Un test sans débriefing, c’est comme un diagnostic médical sans explication. Le risque ? Incompréhension, frustration… et perte de confiance dans le processus.
On parle bien d’outil complémentaire ! Tous les éditeurs sérieux de ces questionnaires vous le diront. Ils ne doivent pas être utilisés seul.
En amont, ils doivent faire l’objet d’une explication claire (idéalement orale et écrite) des conditions de passation, des consignes et de la finalité d’utilisation. Et en aval, ils doivent s’accompagner d’un debriefing explicatif. Je déplore régulièrement que certaines entreprises ou cabinets ne prennent plus le temps de ce debriefing en livrant brutalement le compte-rendu synthétique sans explication, ce qui génère parfois incompréhension, mauvaise lecture et interprétation par le candidat, voir rejet. On ne le dira jamais assez : ses outils sont des supports à utiliser au sein d’un échange constructif pour comprendre le fonctionnement du candidat.
Le troisième point à ne pas oublier est l’expérience candidat.
En premier lieu, est-ce que les consignes sont claires (exemple…) ? Est-ce que la finalité du test est comprise par le candidat? Le temps de passation est-il trop long ? Est-ce qu’il a la sensation de se répéter ?…
En deuxième lieu, est-ce qu’il a un compte-rendu écrit et débriefing oral lisibles, clairs, pertinents ?
Enfin, ce serait hypocrite de dire que le coût n’est pas un critère… A l’heure où les budgets se resserrent (CPF plafonné, exigence client, concurrence…), les charges d’une prestation sont comptées. Et, dans ce coût, il faut non seulement inclure les passations ou abonnement en fonction du volume mais aussi la formation, les temps de rédaction si nécessaire…